Peut-on s’interdir d’être heureux?

Si certains cherchent avidement le bonheur, d’autres se l’interdisent au quotidien. Quelles sont les croyances à la source d’un tel mécanisme psychologique? Serait-ce possible que nous ne cherchions pas le bonheur au bon endroit? Et comment mieux accueillir le bonheur dans nos vies? Voilà les questions auxquelles nous tenteront de répondre dans cet article.

S’interdire d’être heureux: une habitude plus commune qu’on ne le pense

À l’ère où chacun semble être à la conquête du bonheur, comment imaginer que certains puissent s’empêcher d’être heureux? Aussi contre-nature que cette tendance puisse paraître, elle est bien plus commune que nous n’osons le croire. Bien souvent, le refus du bonheur est un mécanisme si profondément ancré que les personnes qui le subissent en sont inconscientes. Mais alors, quelles peuvent être les causes poussant un individu à s’interdire d’être heureux? Voici trois des scénarios fréquemment vécus par les personnes ayant de la difficulté à se sentir heureuses:

Croire ne pas mériter le bonheur

Certaines personnes sont persuadées de ne pas avoir droit au bonheur. Ce type de croyance peut découler de situations diverses: un manque d’amour et d’affection durant l’enfance, l’impression de ne pas être issu du bon milieu social, une lourde culpabilité liée à un événement spécifique… Quelle que soit la cause ayant créé cette croyance, le résultat est similaire: très souvent, ces personnes agissent de manière à se prouver qu’elles ne méritent pas d’être heureuses. Ainsi, elles peuvent rechercher inconsciemment à vivre des situations qui prouvent qu’elles ont raison. Ceci peut se traduire par le choix d’une relation difficile ou d’un emploi qui ne leur convient pas, par exemple. Coincées dans la spirale qu’elles ont elles-mêmes inconsciemment créée, elles se persuadent continuellement de ne pas mériter d’être heureuses.

Préférer attirer l’attention que d’être heureux.se

Ce cas de figure est généralement vécu par des personnes en prise avec un profond manque de confiance en elles-mêmes. Ceci les pousse à agir de sorte à ce que les autres les considèrent et les remarquent – aussi bien positivement que négativement – plutôt que pour leur propre bien. Ce mécanisme peut prendre plusieurs formes: certains chercheront à se faire plaindre en racontant leurs malheurs à qui veut bien les entendre, d’autres s’efforceront de faire rire leurs entourages même lorsqu’ils sont en pleine déprime… Quelle que soit la façon que ces personnes utilisent pour attirer l’attention sur eux, celle-ci les enferme dans un rôle qu’elles s’auto-attribuent pour exister aux yeux des autres, au détriment de leur propre bonheur.

Choisir la “normalité” plutôt que le bonheur

Cette façon de fonctionner, très fréquente, est vécue par grand nombre d’entre nous. Dans une société où tout le monde s’observe et se compare, il peut être particulièrement difficile d’assumer des goûts et des envies considérés comme “différents” ou “hors normes”. Alors, nous préférons faire comme les autres plutôt que d’assumer notre caractère unique, au risque d’y laisser notre bonheur. Cette technique d’auto-inclusion peut commencer très tôt. À l’école, par exemple, de jeunes enfants prétendent aimer les mêmes jeux ou dessins animés que leurs copains alors que ce n’est pas le cas. 

À l’âge adulte, ce fonctionnement nocif peut prendre de multiples formes. Il peut, par exemple, conduire à suivre un chemin professionnel dont on ne veut pas, à s’entourer de personnes auxquelles on ne ressemble pas ou encore à rejeter ses préférences sexuelles… Ici encore, les conséquences d’un tel comportement peuvent engendrer un important mal être, voire un état dépressif.

Alors, comment mieux accueillir le bonheur?

Heureusement, il est tout à fait possible de sortir de ces schémas destructeurs pour enfin accepter le bonheur dans nos vies. La première étape, bien entendu, est de prendre conscience de la source de ces mécanismes. Viennent-ils de l’enfance? Il se peut, par exemple, que nous ayons grandi dans une atmosphère tendue, excessivement stricte ou dénuée d’amour. Une éducation douloureuse peut engendrer la croyance que le bonheur est inatteignable. Viennent-ils de notre environnement social? Parfois, le contexte dans lequel nous évoluons est source de croyances limitantes et négatives, telles que “il faut travailler jusqu’à en souffrir, s’il le faut, pour bâtir son bonheur”… Prendre conscience de ces constructions mentales est le seul moyen de s’en défaire réellement.

L’une des clés les plus paradoxales du bonheur véritable est l’accueil de la souffrance. Nous aimerions ne ressentir que les émotions agréables mais ce n’est pas le propre de l’existence. Alors, en fuyant les émotions difficiles, nous fuyons aussi les émotions agréables car nous ignorons toute une part de nous qui a aussi besoin d’exister. Notre réelle capacité à être heureux dépend donc de notre capacité à accepter et à accueillir tout le panel de nos émotions.

Enfin, il est primordial de comprendre que le bonheur est un choix. Il n’est pas la conséquence de facteurs extérieurs à nous, tels que notre milieu social ou les événements qui font notre chemin. Une telle croyance nous conditionne au malheur, puisqu’elle implique que nous n’avons pas le choix de vivre heureux. Pourtant, la seule véritable source de bonheur se trouve en nous, et ne peut être cultivée que par nous-même. C’est en prenant conscience de notre responsabilité dans notre bonheur que nous pouvons enfin lui faire une place dans notre vie.

Alors, pour être heureux.se, n’hésite plus à prendre des décisions qui te ressemblent, prends conscience de tes croyances limitantes pour mieux t’en défaire et fais le choix de vivre une vie lumineuse! Et souviens-toi: en étant toi-même, tu fais à ceux qui t’entourent le cadeau immense de les autoriser à en faire de même. Avant de nous quitter, dis-nous en commentaires: que crois-tu pouvoir faire pour faire plus de place au bonheur dans ta vie?

Laisser un commentaire